Federation Francaise de longue paume

Histoire

Historique

par Jean-Marc Fontaine  de la Société de Longue Paume de Paris

            Les historiens du sport nous apprennent qu’au XIème siècle les ecclésiastiques s’exerçaient au Jeu de Paume dans les couvents, dans les cloitres,… Ils jouaient avec une boule de chiffon appelée l’esteuf, le terme de balle n’arrivant que bien plus tard. En 1292 on dénombrait alors, parce qu'ils étaient soumis à l'impôt de la taille, treize artisans vivant de la seule confection de balles.... C'est dire la popularité de ce sport chez nos anciens! En 1296 on mentionne même l'existence d'une "paumière", Lucienne, à Paris rue du Tire-Chape dans la paroisse Saint-Germain !... A l'époque, pour pratiquer la Paume il n'existait que peu de contraintes: il suffisait de disposer d'un espace libre: une rue, une place, un carrefour, une clairière mais aussi à Paris, et surtout en province, les anciens fossés comblés des châteaux....

          En juin 1316, le roi Louis X le Hutin, qui a 26 ans, dispute une partie de Jeu de Paume dans les jardins du château de Vincennes sous un fort soleil. A la fin de la partie le roi commet l’imprudence de boire un vin très frais ; pris immédiatement de malaise, il décèdera très vite, victime d’un chaud et froid !

          Pendant la période difficile de reprise de la Guerre de Cent Ans, Charles V, en mai 1369, fit un édit contre les jeux et ne manqua pas de proscrire la Paume, quoiqu’il en fût un fervent amateur. En 1397 le prévôt de Paris autorise l’exercice mais uniquement le dimanche « parce que plusieurs gens de métiers et autres du petit peuple quittaient leur ouvrage et leur famille pendant les jours ouvrables pour jouer à la paume, ce qui était fort préjudiciable pour le bon ordre public ».

          Mais le jeu n’était pas seulement un sport d’hommes ! Margot de Hainot (ou La Hennuyère – née en 1401 ou 1402), arrivée à Paris avec la suite de Philippe le Bon duc de Bourgogne, remporte des matches contre des hommes: « en cette année 1427, vint à Paris une femme nommée Margaut, assez jeune, de 28 à 30 ans, qui était de pays de Hainaut, laquelle jouait mieux à la paume qu’oncques homme eut vu, et avec ce jouait devant main derrière main très puissamment, très malicieusement, très habilement, comme pouvait faire un homme, et peu venait d’hommes à qui elle ne gagnât, si ce n’était les plus puissants joueurs ». La fille du peuple s’en retourna au  pays, « star de l’esteuf »  en Flandres et en Brabant ; elle deviendra par la suite religieuse à l’abbaye de Soleilmont. L’histoire ne dit pas si elle a pu entrainer ses consœurs à jouer à la paume !

          En 1480, une ordonnance de Louis XI règlemente la fabrication des esteufs, suite à de nombreux accidents : « des gens sans conscience…emplissent iceux esteufs de chaux, sablon, batue et d’autres choses qui ne sont point bonnes et plusieurs ont eu les bras et les mains fêlés et blessés ». Les faiseurs d’esteufs sont « tenus de faire bons esteufs bien garnis et étoffés de bon cuir et bonne bourre ».

         Et puis, ces réglementations durent aussi s'appliquer aux gens d'église qui n'étaient pas les derniers non plus à se libérer pour aller jouer à la paume... Il fallut ainsi réglementer également les regroupements de joueurs autour des églises, mais aussi le temps passé à l'intérieur des monastères à jouer à la paume, à Paris comme ailleurs! Le Concile de Sens de 1485 interdit en même temps de « jouer en chemise et en public »!

          Le jeu à ses débuts se pratiquait à mains nues ; avant l’usage de la raquette, on utilisait des gants pour se protéger les mains, puis apparut  le battoir en bois, avant la raquette au XVIème siècle. Mais n’ayant pas de moyens financiers suffisants pour s’acheter une raquette, les gens du peuple ou « vilains » jouaient à main nue, à la différence des nobles qui pouvaient se payer une raquette. D’où l’expression « Jeu de mains, jeu de vilains »…En 1505 à Windsor, Philippe 1er, archiduc d’Autriche et roi de Castille, père de Charles Quint, affronte le marquis de Dorset. Il rend un avantage de 15 au marquis qui utilise sa main nue.

La longue paume et la courte paume

          Deux variations du jeu vont se développer en parallèle : la Longue Paume qui se joue en extérieur, la Courte Paume qui utilise les mêmes règles de base mais qui va se pratiquer dans des espaces clos et fermés. A Paris, le Roi Charles V passionné de Paume, appréciait indistinctement la Courte et la Longue Paume de sorte qu'il fit donc aménager dans l'enceinte du Louvre deux lieux de Paume. C'est aussi ce que l'on constate sur des gravures anciennes pour les châteaux de Fontainebleau, Chantilly, Compiègne, chez le Duc de la Rochefoucauld à Liancourt... partout où l'on a donc longtemps et indistinctement joué à la Courte et à la Longue Paume. On sait qu'une douzaine de rois de France ont pratiqué la Paume avec passion, non seulement dans la capitale mais aussi lors de leurs déplacements en province. Quant au malheureux Charles VIII il meurt accidentellement le 7 avril 1498 après avoir heurté un linteau de pierre au château d’Amboise en allant assister à une partie de Jeu de Paume !

          Pour l'aristocratie, qui souhaitait continuer à jouer à la Paume pendant la mauvaise saison, de très beaux bâtiments vont donc voir le jour, dont la célèbre salle du Jeu de Paume de Versailles mais aussi celle du Jardin des Tuileries, devenue aujourd’hui le Musée du Jeu de Paume !...

          Quant aux autres classes de la population qui souhaitaient jouer aussi dans des lieux couverts, parce que c'était la mode, elles ont dû improviser ou investir d'autres emplacements, plus simples, le plus souvent des cours d'auberges à ciel ouvert ou avec un toit. Ces jeux fermés, appelés « tripots », connurent alors un très grand succès car on y pratiqua, avant la lettre, de nombreux paris sur les résultats ou sur la valeur des joueurs. C'est ainsi que des ordonnances royales durent fermement réglementer la fréquentation de plus en plus assidue de ces premières « maisons de jeux ».  

 

Raquettes et balles (15-20 g)  de longue paume

Raquette et balle (80 g) de courte paume       

 

La période faste du jeu de paume

       Au XVème siècle, les espaces et les types de jeux vont commencer à se diversifier.   Pour sa part la Longue Paume va continuer à se pratiquer en plein air sur des espaces de plus en plus réservés et entourés, à Paris et sur le territoire français.  Marcel Lazure évoque dans son ouvrage que, en 1498, lors de la foire de septembre à Montdidier, un marchand linger d’Amiens et sa femme enceinte furent occis par l’épée d’un joueur mécontent. En ce temps-là, le public était consulté pour donner son avis sur le jeu. Un coup litigieux et déterminant leur coûta la vie !

          Au milieu du XVIème siècle les étudiants des Collèges de l’Université jouaient à la Longue Paume au Pré aux Clercs. De son côté Jean Delay dans son « Avant Mémoire » rapporte qu’au XVIème siècle, « de la porte de Bucy à la porte de Nesles, le ciel, à certains endroits, était sillonné de balles blanches. De raquette en raquette, le vol de l’esteuf (la balle) reconstituait dans les airs l’enceinte de Philippe Auguste ».

          En 1527,  François 1er officialise la pratique professionnelle « Tout ce qui se jouera au jeu de paume sera payé à celui qui gagnera comme une dette raisonnable et acquise par son travail » et un peu plus tard, il est octroyé aux paumiers le monopole de la vente des esteufs. Les premières règles sont écrites ; il faut bien le reconnaitre, jusqu’à présent, c’était une belle anarchie !

Les Maitres paumiers, ou Maitres paumiers raquettiers, se structurent sous forme de confrérie, avec Sainte Barbe, comme patronne, et obtiennent en 1594 l’exclusivité de vente de balles et raquettes ; des académies se développent.

          La majorité des sites de Paris se situe sur la rive gauche, principalement dans les Vème, VIème arrondissements et autour du boulevard Saint-Germain, et il relate aussi qu'une partie acharnée s'est déroulée le lundi 4 août 1596 sur la Place Saint-André-des-Arts. Rabelais précise même qu'il jouait « place de l'Estrapade » à Paris. Montaigne mentionne dans Les Essais : « J’aimeroy aussi, cher que mon escolier eut passé le temps à jouer à la paume ; au moins le corps en seroit plus allègre ».

          En 1596, un italien qui accompagne le légat du Pape à Paris parle de 250 Jeux de Paume dans la capitale, qui faisaient vivre environ 7000 personnes! En 1604, un anglais de retour d'un voyage en France constate que "les Français naissent sans doute avec une raquette à la main... et qu'il y a plus de jeux de paume que d'églises à Paris"....

Louis XIII, selon son médecin Jean Herroard, jouait à la longue Paume dans sa jeunesse notamment à Nogent le Rotrou, au Blanc Mesnil et à Saint Germain. En 1611 à Abbeville, Gilles de Sacquépée fut assassiné par quatre paumistes, suite à une querelle survenue en cours de partie.

          La pratique du jeu va décliner pendant le règne de Louis XIV, la cour étant plus attirée par le billard et autres jeux d’intérieur. En 1657 on ne compte plus que 114 salles à Paris. Les salles de Paume ferment ou sont transformées en théâtre.

Des Champs Elysées au jardin du Luxembourg

          S'il n'est pas possible, pour le moment, de dénombrer davantage de lieux anciens de Paume en plein air à Paris on sait, en revanche, que la Longue Paume a longtemps été pratiquée sur un des lieux prestigieux de la capitale, celui des Champs-Elysées. Sur cet emplacement des Champs-Elysées on a joué à la Longue Paume pendant environ une centaine d'années, bien avant la Révolution et jusqu'en 1853, date du transfert du terrain de Paume au Jardin du Luxembourg...  On le sait parce qu'avait joué là, dès 1790, à l'âge de 16 ans, un jeune homme qui deviendra plus tard historien du Jeu de Paume, Louis-Marie Bajot, auteur en 1854 d'un "Eloge de la paume", ouvrage de référence.

Les parisiens venaient admirer les prouesses des "meilleures raquettes" de l'époque... "Le Journal de Paris" garde le souvenir de deux compétitions mémorables sur ce terrain: celle du 16 juillet 1820 où six joueurs de Picardie sont venus rencontrer six paumistes parisiens, ces derniers ayant gagné  trois parties sur quatre; mais également  la compétition du 11 juillet 1825 où des médecins sont venus spécialement  jouer à la paume pour encourager la pratique du sport!...  Et le journal précise: "Tous les mardis et vendredis de chaque semaine, vers six heures du soir, ce sont plus de mille cinq cents personnes qui viennent regarder ces médecins jouer à la paume"...

           
          C’est sous le Second Empire, et à partir d'instructions précises de l'Empereur Napoléon III  lui-même, que s'est donc effectué le déplacement du terrain des Champs Elysées au jardin du Luxembourg. Et pourquoi? Parce que tout simplement, au siècle des grands travaux parisiens du Baron Haussmann et du développement de l'industrie, Paris se devait de se doter d'un espace gigantesque capable d'accueillir, tout comme à Londres avec son Palais de Crystal, une des nouvelles Expositions universelles...! D'où le projet de construction d'un "Palais de l'industrie" dans la ville Lumière, et plus encore sur le site prestigieux des Champs-Élysées! Et donc depuis 1853 la Société de Longue Paume de Paris occupe donc le magnifique terrain du jardin du Luxembourg. Sur ce terrain s’expriment également les élèves des écoles et lycées des alentours qui participent avec d'autres élèves venus des lycées de Picardie, aux premiers championnats scolaires de l'histoire de la Longue Paume en 1889, 1890 et 1891.


Le tir (engagement). D’après le « Petit Manuel de la Longue Paume » de Edmond Collin      

La structuration du sport français et de la Longue Paume

Avant 1900  la Longue Paume connut, comme de nombreux sports en France à cette époque, une période de structuration, marquée par l’adhésion à de nombreuses organisations, en vue d’être enfin reconnu comme un sport national et de gagner en adhérents.

Le vingt-neuf novembre 1887, l’Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques (USFSA) fut fondée par le Racing Club de France et le Stade Français, son but étant d’encourager le goût des exercices physiques, principalement parmi les jeunes gens, et de développer chez eux les qualités morales, la discipline, le courage, l’endurance, l’initiative qui doivent en faire des hommes forts et utiles à leur pays .

Très rapidement, la Longue Paume est conviée à intégrer l’USFSA. En 1890, M. de Coubertin, Secrétaire général de l’USFSA, exprime sa volonté d’intégrer cette société à l’USFSA. L’Union ayant pour but de donner des règlements aux différents jeux en usage parmi ses membres, M. de Coubertin regrette que le jeu national  français n’ait pas sa place parmi ceux qu’ils patronnent. C’est pourquoi il souhaite une affiliation ou reconnaissance de la Société du Luxembourg, qui impliquerait pour celle-ci une simple acceptation des règlements et une cotisation de 50 francs, permettant en retour d’avoir un délégué au Comité de l’Union. Il se propose d’adhérer lui-même à la Société de Longue Paume de Paris.

Un des avantages que permet l’adhésion à l’USFSA est indubitablement l’Institution du Championnat. En effet, chaque année est organisé un concours, sous sa direction et à ses frais, sans distinction de catégories, entre amateurs ou sociétés pratiquant le même sport. Le vainqueur prend alors le titre de Champion de France et reçoit un enjeu à titre de dépôt jusqu’au Championnat l’année suivante.

Ainsi, dès 1892 sont organisés les premiers championnats de Paume de première catégorie, en « parties terrées » (Boyonvillers vainqueur); après un essai en 1893 gagné par Compiègne, les championnats officiels en « parties enlevées » sont fondés en 1897 (St Quentin vainqueur). La création des premiers championnats officiels pose le problème des récompenses et leur dotation en lots originaux. En 1892 est donc créé le Bouclier de Brennus pour récompenser les vainqueurs du Championnat de Longue Paume en parties terrées. C’est le baron de Coubertin qui conseilla d’abord cette année-là à la Commission Centrale de Rugby de prendre contact avec le graveur Charles Brennus….et il en fit de même avec la Commission de Longue Paume ! De sorte que les deux fédérations continuent encore aujourd’hui de récompenser leurs champions de France avec ces mêmes boucliers.

 

Le Bouclier de Brennus (Longue Paume)

  Lors du fameux Congrès International de 1894 à Paris pour le rétablissement des Jeux Olympiques, à la suite de la séance solennelle d’ouverture à la Sorbonne, les festivités commencèrent le dimanche 17 juin par des championnats « vélocipédiques » et par un Championnat de Longue Paume au Jardin du Luxembourg, sur le terrain actuel.

Qui dit Championnat, dit « marqueur », celui qui annonce les points et place les chasses. Certains marqueurs tels Papillon de Roye ou Lalatte de Péronne ou Labaume de Paris furent de vraies célébrités, fameux par la voix, la connaissance du jeu ou l’impartialité !

Les jeux olympiques de 1900

Lors de l’Exposition Universelle à Paris de 1900, le commissaire général de cette exposition, Alfred Picart, décide d’organiser en parallèle des « Concours internationaux d’exercices physiques et de sports ». Les épreuves de dimension internationale ont été qualifiées d’olympiques à posteriori par le baron Pierre de Coubertin. Ces concours internationaux étaient divisés en dix sections. La première section dénommée « Jeux athlétiques » comprenait notamment la Longue Paume aux côtés d’autres sports tels que les courses à pied, les différents concours (sauts, lancement du poids et du disque), le football rugby et le football association,  le lawn-tennis, le croquet, etc.

Les concours de Longue Paume se sont déroulés au Jardin du Luxembourg le 27 mai et le 10 juin 1900, sur le terrain de la Société de Longue Paume de Paris, chargée de leur exécution. Ces concours ont été un succès pour la Longue Paume elle-même ; les sociétés de province ont accouru en nombre considérable à l’appel de Paris. Quatorze équipes de deuxième catégorie et quinze de première catégorie ont pris part au championnat. « Le terrain du Luxembourg avait été orné et préparé on ne peut mieux pour la réception des sociétés de province. Un grand et vaste vestiaire avait été obligeamment prêté par la questure du Sénat. Enfin, le temps lui-même a tenu à donner son concours à cette belle fête sportive et les joueurs n’ont eu guère à se plaindre que d’une chose : c’est que le temps fut trop beau et la chaleur trop ardente » . On retiendra la victoire de Paris en « parties à enlever » (Desbordes, Raynal, Meniere et L.Buffard), et celle de Valenciennes en « parties à terrer », en première catégorie.

          Ce sera la dernière apparition de la Longue Paume dans une compétition olympique. En 1904, à Saint Louis (USA) la paume est absente et en 1908, aux Jeux de Londres, seule la Courte Paume sera jouée, Jay Gould (USA) battant en finale Eustace Miles (Royaume Uni).

La Longue Paume au Jardin du Luxembourg au début du XXème siècle. Deux champions de l’équipe de Paris, Louis Buffard et Maurice Michel

         En 1901 sont joués les premiers Championnats en 2ème catégorie (terrée) remportés par Péronne. De grandes figures de la paume contribuent au développement de ce sport. Nous retiendrons un extrait d’un discours de M. Raynal, ex-foncier de l’équipe de Paris et Président de la Société de Longue Paume de Paris : « Soyez coureurs à pied, footballeurs, gymnastes, c’est parfait, mais à trente ans vous passerez parmi les officiels. Soyez paumiste, à vingt ans vous serez un brillant athlète, de trente à cinquante ans vous dominerez par la force, de cinquante à soixante-dix ans vous suppléerez par la finesse du jeu aux forces décroissantes. Dans une équipe de six joueurs de paume, on doit réunir vitesse, force et malice ». Avocat, Membre du Barreau de Paris, Gabriel Raynal a fortement marqué l’histoire de la longue paume. De 1874 à 1923 il fut d’abord un excellent joueur remportant plusieurs Championnats de France. Dès 1899 il est le délégué de la Société de Longue Paume de Paris au sein du Conseil de l’USFSA et en 1900, G Raynal fut chargé, comme Commissaire général, de l’organisation des tournois de Longue Paume de l’Exposition Universelle. Comme dirigeant il fonda la Fédération Française de Longue Paume dont il tint la Présidence de sa création en 1921 jusqu’en 1948, soit pendant 27 ans. Il a exercé des fonctions plus larges, comme délégué  membre fondateur du Comité National des Sports à partir de 1908 (qui deviendra le Comité National Olympique et Sportif Français en 1972) et vice-président fondateur de la Mutuelle Nationale des Sports, constituée en 1925.

          Entre les deux guerres, la Longue Paume est toujours un sport très présent dans la société française ; elle est parvenue à résister aux combats de 1914-1918 même si beaucoup de ses joueurs ne revinrent jamais et si beaucoup de communiqués militaires de ces quatre années ne cessent de mentionner de hauts lieux de la Paume : Amiens, Saint Quentin, Péronne, Rosières, Montdidier, Soissons, Villers Cotterets et tant d’autresLa plupart des jeunes joueurs partirent au front et plus de 200 d’entre eux donnèrent leur vie pour la France.                

Quelques grands joueurs de l’époque. De gauche à droite : E. Buffard, M.Michel, .J.Raynal, L. Buffard

             En Picardie, la Paume était pratiquée dans toutes les villes, bourgades et villages. En  raison de la guerre, tous les terrains de jeux ont été labourés par les obus ou sont devenus des espaces d’occupation de parcs de voitures, chevaux ou canons. Toutefois, après l’armistice, les habitants se sont fortement mobilisés pour remettre en état les terrains dédiés au « père du tennis », et la Longue Paume n’a pas faibli.

        En 1921 la Fédération Française de Longue Paume est créée. Le premier championnat en 3ème catégorie (terrée) voit la victoire de Ferrières.

Le journal Le Miroir des Sports présente un article intitulé « Le bon vieux jeu français de la Longue Paume », en expliquant la récurrence des Championnats de France chaque année durant un mois et demi. En plus de donner les règles du jeu, le journal rappelle les différents endroits où l’on peut pratiquer la longue paume, afin d’attirer de nouveaux joueurs, les terrains étant particulièrement répandus dans les régions de la Picardie, de l’Oise et de l’Aisne, et quant à Paris le seul terrain étant celui du jardin du Luxembourg. En 1923, cent-dix sociétés étaient reconstituées en Picardie, autant de terrains récupérés, et plus de mille joueurs recevaient leur qualification pour les championnats de France.

          En 1924, lors des Jeux Olympiques qui se déroulent à Paris. Certes ce sport ne fait pas partie du programme des JO mais  la Fédération Française de Longue Paume décide de faire jouer tous ses Championnats de France au jardin du Luxembourg à la même période. Un très nombreux public, français et étranger, s’est alors s’intéressé à ses manifestations, auxquelles quatre-vingt-neuf équipes prirent part. En  1ère catégorie, Rosières (terrée) et Paris (enlevée) furent les vainqueurs ; en 2ème, Amiens (terrée) et Compiègne (enlevée), en 3ème (Montdidier) furent les autres lauréats : « Sous les hautes frondaisons du Luxembourg, les abords du jeu de paume fourmillent de monde. Il règne une atmosphère tendue digne des grands stades. Les paumistes n’ont pas l’habitude de voir sur leur terrain les hautes sommités sportives.

          Entre 1930 et 1940, la Longue Paume reste toujours très populaire. En 1931, le journal parisien L’Auto publie un article sur ce sport, en énonçant ses avantages, comme le fait de pouvoir pratiquer ce sport à tout âge. Moins brusque que le tennis, s’il est plus puissant, il permet de conserver sa maîtrise longtemps après l’âge du plein épanouissement.

Quatre-vingt-et-une sociétés groupaient pour les deux Unions de l’Oise et de Picardie, et Paris ; on recensait 2559 joueurs.

Et depuis,

       Le nombreux public découvre chaque année, à l’occasion des  journées de compétitions, le sport qui a donné naissance au  tennis,  où les points se comptent 15, 30, 40 et Avantages, et où il est un peu compliqué de comprendre l’établissement d’une « chasse » qui gèle le point.  Courte et Longue Paume, l’une en salle, l’autre en extérieur, ont donné à la langue française bon nombre d’expressions mais la plus surprenante est certainement celle-ci : « qui part à la chasse perd sa place » ;  lorsqu’il y a deux chasses, ou bien une chasse lorsque la marque est à 40, les joueurs doivent changer de camp et donc perdent leur place.  La richesse athlétique et tactique de ce jeu faisait dire au baron Pierre de Coubertin : « le lawn-tennis a été inventé, composé méthodiquement par des combinaisons empruntées, les unes à la courte paume, les autres à la longue paume. C’était une œuvre fort ingénieuse, mais qui manquait de traditions »                                     

Bibliographie

La magnifique histoire du jeu de paume,  Albert De Luze. Ed. Delmas, 1933.

Eloge de la paume et de ses avantages sous le rapport de la santé et du développement des facultés physiques,  Louis-Marie Bajot, Ed. Didot, Paris 1806, 1824 et 1854.

Petit manuel de la longue paume, Edmond Collin,. Paris, Ed. Delagrave, 1891.

Rapport officiel sur les concours internationaux d'exercices physiques et des sports à l'exposition universelle de 1900, Ministère du Commerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes.

Annuaire documentaire de la longue paume, préparé par Maurice Michel, Imprimerie H. Jardin, Paris 1928-1929.

Longue paume, amour d'enfance, Raymond Péchon,  Ed. Lefebvre-Lévêque, Douai 1974.

Les jeux de balle et ballons picards,  Marcel Lazure, Ed. CRDP Amiens, 1981, réédit. 1996.

Picards, faites vos jeux ! Jean-Richard Loubère, 2000

Jeux des rois, roi des jeux: Le jeu de paume en France. Catalogue de l’exposition organisée au Château de Fontainebleau, octobre 2001-janvier 2002.

La formidable aventure du tennis,  Stéphane Werly,  Ed. Cabédita

Histoire du jeu de paume de Paris – 1908 – 2008 , Hubert Demory. Société Sportive du  Jeu de Paume et de Racquets

La Société de Longue Paume de Paris – 150 ans d’Histoire dans le jardin du Luxembourg (1863 – 2013), Michel Bourgeois, Jean-Marc Fontaine et Pascal Guerout

Le Jeu de paume à Paris, des origines à sa pratique aujourd’hui au jardin du Luxembourg , M. Bourgeois, JM Fontaine, P. Guerout, Bulletin de la Société Historique du VIème arrondissement de Paris n°26 , 2016

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